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Un air de tiers monde

On connaît tous le refrain: on a beaucoup plus de risques d'avoir un accident en voiture qu'en avion. Oui, c'est vrai que le transport aérien est très sûr (dans le sens de sécuritaire, là... pas dans le sens d'amer!), et je serais très mal venu et/ou placé pour dire le contraire! N'empêche, un autre avion de ligne vient de s'écraser en Afrique, entraînant le décès de plus de 100 personnes, et ça m'amène à me poser des questions.

L'Europe a adopté l'été dernier (me semble...) une "liste noire" des transporteurs aériens, qui a banni du ciel européen une série de compagnies aériennes à la réputation plus ou moins douteuse, dont bon nombre viennent de l'Afrique. Pour avoir déjà eu la chance - ou l'inconscience, tout dépend du point de vue - de voler sur les ailes de Cameroon Airlines, disons que je ne suis plus trop surpris d'entendre parler de catastrophes aériennes Made in Africa. Quand on sait qu'une grande partie de la population de ce continent vit dans la misère la plus totale, est-il même logique qu'un pays continue d'entretenir un transporteur national? Quand on sait le coût d'exploitation d'un transporteur aérien, aussi petit soit-il, y'aurait-il des pays africains (ou d'ailleurs, soit dit en passant) qui n'auraient tout simplement pas les moyens d'en faire vivre un? Je regarde les statistiques des 5 dernières années, et les accidents qui ont fait des victimes sont très, très nombreux en Afrique. Pourtant, c'est possiblement le continent le moins desservi par transport aérien.

Quelles sont donc les causes de ce phénomène bien inquiétant?
Un parc aérien désuet, souvent constitué d'appareils délaissés par des compagnies aériennes occidentales ou, pire encore, russes?
La maintenance déficiente?
Un manque de formation du personnel naviguant?

Quoi qu'il en soit, ces causes possibles ont toutes le même dénominateur: l'argent! Le coût d'une inspection générale d'un avion correspond à faire vivre des milliers de personnes pendant un an. Sachant que de nombreux pays africains sont bien loin de la démocratie, les leaders trouveraient-ils par hasard plus prestigieux de garder un transporteur national dans les airs, peu importe l'état dans lequel les avions volent, que d'appuyer la population? Il est permis de le croire.

C'est triste à dire, mais cette "liste noire" aura peut-être des effets positifs à long terme, ne serait-ce que sur la sécurité du ciel. Les compagnies qui sont sérieuses vont se prendre en main et tout faire pour être autorisées à desservir et à survoler l'Europe. Les autres disparaîtront peut-être. L'argent économisé ira-t-il au bon endroit? Ça reste à voir. Pas besoin de regarder plus loin que chez nos voisins du Sud pour comprendre que ça risque de ne pas être la cas ;)