Journée intense et intensive
Voici une entrée qui s'adresse principalement à mes collègues traducteurs. Vendredi dernier marquait le congrès annuel de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) qui s'est, encore une fois, tenu à Montréal. Voici donc quelques moments marquants de la journée.
D'abord, il faut noter que deux grands noms étaient absents: d'abord Serge Bouchard (ce qui m'aurait encore plus déçu si j'avais choisi son atelier, ce que j'aurais fait pour la seule raison de sa présence... euh, c'est un peu mélangeant ce que je dis!), et Dyane Adam, commissaire aux langues officielles du Canada, qui vient tout juste d'être remplacée par Graham Fraser.
Le journaliste Jean-François Lisée a ouvert le bal de façon assez humoristique avec son atelier sur la diversité linguistique. C'est un orateur né, et c'est difficile de ne pas s'intéresser à ses propos.
J'ai ensuite choisi la conférence sur le monde scientifique, donnée par Yannick Villedieu (journaliste scientifique à la SRC) et Serge Quérin qui, en plus d'être toubib et prof à l'UdM, s'intéresse depuis longtemps à l'aménagement terminologique du français médical (il doit être assez occupé, le monsieur). Atelier fascinant et extrêmement pertinent donné par deux excellents vulgarisateurs. Une belle preuve qu'il n'est pas nécessaire d'être traducteur pour parfaitement comprendre notre réalité professionnelle.
Pendant l'interminable pause pour le repas, le Mérite OTTIAQ a été remis à Louis Ménard, auteur du dictionnaire qu'on appelle affectueusement Le Ménard (probablement parce que c'est plus court que Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière...).
Pour l'après-midi, j'ai choisi l'atelier sur la dynamique linguistique dans le milieu des affaires, donné entre autres par la très connue Marie-Éva de Villers. J'ai été beaucoup moins impressionné par cet atelier, un peu longuet. Pas particulièrement pertinent non plus, en ce sens que de nombreuses personnes étaient du même avis en sortant: on n'a rien appris ici. À mon avis, la seule partie vraiment intéressante portant sur les échanges interculturels a été presque escamotée, occupant les 3-4 dernières minutes.
La table ronde de fin de journée a mis en vedette, entre autres, Michel Venne (du journal Le Devoir), Gérald Larose (ex pdg de la CSN) et Graham Fraser (nouveau commissaire aux langues officielles). Le thème était le diversité et la dualité linguistique au Québec et au Canada. On a eu droit à des interventions vraiment intelligentes et à des discussions très intéressantes. Je dois m'avouer très surpris de la capacité d'analyse de Gérald Larose. J'aurais préféré entendre Dyane Adam que Graham Fraser, mais il a fait de bonnes interventions aussi.
Le Congrès ayant fini en retard et comme j'avais des obligations en soirée, nous avons dû passer le cocktail (oups, pardon... selon le programme du Congrès, il faut écrire "coquetel"... ouache!). De toute façon, on y sert habituellement du vin dont la principale fonction est de donner mal à la tête! :p Ceci dit, moi qui ne gagne jamais rien, j'ai gagné la dernière édition du Multi-dictionnaire (Damien aussi d'ailleurs) :o)
Encore une fois cette année, plus de participants. Nous étions plus de 400, ce qui est bon signe. J'ai bien hâte que mes collègues montréalais se bottent le derrière et acceptent de se déplacer à Québec pour que le Congrès se tienne ici de temps en temps, mais c'est loin d'être gagné... Au-delà des frais supplémentaires que nous devons payer pour nous déplacer, c'est une question de principe. Les langagiers que nous sommes ne vivent pas tous à Montréal, et l'OTTIAQ devrait en tenir compte. Voilà, c'était mon éditorial ;o)