« La neige... on en voulait, et on en a! | Main | Des américains brillants (eh oui, c'est possible!) »

Abus de pouvoir

Quiconque s'intéresse le moindrement au monde de l'avaition sait qu'on parle de gros sous. Que ce soit pour le transport commercial ou l'aviation qu'on dit "générale" (les petits avions de plaisance), rien n'est abordable dans ce domaine. Lorsqu'on utilise de petits avions pour sa formation, comme c'est mon cas, on bénéficie souvent d'avantages non négligeables, surtout en ce qui a trait aux redevances d'atterrissage dans les grands aéroports. Il n'est pas facile de se l'imaginer, mais chaque fois qu'un avion commercial se pose dans un aéroport le moindrement important (même à Mont-Joli, par exemple), l'exploitant ou la compagnie aérienne doit payer des redevances qui s'élèvent souvent à plusieurs millers de dollars. Pourquoi? Parce que les passagers utilisent les installations aéroportuaires, que l'atterrissage a contribué à l'usure de la piste, etc. etc. Quand on est 3 dans un avion privé et qu'on ne débarque pas à l'aérogare, les choses sont donc différentes. Mais le sont-elles vraiment?

J'ai eu l'occasion de faire quelques vols à destination de l'aéroport de Dorval, à Montréal (je sais qu'il s'appelle Trudeau, mais je ne peux me résigner à lui associer cet ignoble vocable...) dans un petit avion pour ma formation. Jusqu'à récemment, aucune redevance d'atterrissage n'était exigée dans ce cas, ce qui suit une certaine logique car non seulement les avions légers ne sont pas ceux qui usent les pistes, mais aussi car on n'utilise pas l'aérogare. À la suite d'un récent voyage en janvier, j'ai eu l'insigne honneur de recevoir une facture de quelque 53 $ pour un atterrissage à Dorval. Que s'était-il donc passé?

Aéroports de Montréal, l'organisme qui gère Dorval et Mirabel (avec les résultats incroyables que l'on connaît tous...), a décidé unilatéralement d'imposer des redevances à tous les appareils, sans exception, depuis le 1er janvier. Une école de pilotage basée à l'aéroport de Dorval s'est ainsi retrouvée avec une facture de plusieurs milliers de dollars. Il existe plusieurs publications et renseignements dont les pilotes doivent prendre connaissance avant d'entreprendre un vol, et je souligne qu'ADM n'a utilisé aucun de ces moyens pour informer les pilotes de cette modification. J'ai donc appelé l'administration d'ADM, qui m'a répondu que des avis avaient été publiés dans les quotidiens montréalais (ai-je besoin de souligner que le Journal de Mourrial ne fait PAS partie des publications qu'un pilote lit avant de partir en vol). C'est donc ainsi que, depuis près de 3 semaines, je tente par tous les moyens de faire annuler cette facture et de faire pression sur ADM, en compagnie de nombreux pilotes dans ma situation, pour que l'organisme revienne sur cette nouvelle politique inacceptable. ADM sait pertinemment que Dorval constitue le seul endroit où l'on peut prendre du carburant passé une certaine heure en soirée, et elle abuse de cet état de fait.

Les pilotes de ligne de demain, c'est nous... ceux qui sont en train d'accumuler des heures de vol à bord d'avions légers. En adoptant cette politique, ADM s'attaque directement à la base de l'industrie qui la fait vivre.

À titre de comparaison, l'aéroport de Québec (qui n'a pas la même volume de voyageur, mais qui est quand même un aéroport important avec ses 800 000 passagers par an) n'impose pas de redevances aux aéronefs légers. Je m'adresserai donc particulièrement aux gens de la région de Québec. La prochaine fois que vous voudrez partir en voyage, et que vous comptez partir de Montréal pour économiser 50 $ ou 100 $ sur le prix du billet d'avion, réfléchissez à ce que je viens d'écrire et vous verrez qui vous avez envie d'encourager...

Comments

Salut Nic,

je suis entièrement daccord avec toi.

C'est rendu le dindon de la farce...

Post a comment

(If you haven't left a comment here before, you may need to be approved by the site owner before your comment will appear. Until then, it won't appear on the entry. Thanks for waiting.)