"Un produit sur lequel on est très fiers!"
C'est en ces termes qu'une employée en lock-out du Journal de Québec décrivrait ce matin le journal de remplacement publié pendant le lock-out. Derrière cette phrase à la construction grammaticale sans tache {sic} se cache le véritable drame de ce quotidien "feuille de chou" : non seulement le contenu est-il axé sur les chiens écrasés ou sur toute promotion des autres tentacules de la pieuvre Québecor, mais aussi un grand nombre de ses journalistes ne sont même pas capables d'écrire une phrase sans faute.
Le plus inquiétant, c'est que cet amas de feuilles noircies d'encre demeure le quotidien le plus lu de la capitale. Celui qui, après des années à porter le même nom, continue d'être appelé Journal DU Québec a effectivement la faveur populaire. Est-ce pour ses gros titres scandaleux? Son sens du spectacle de mauvais goût? Ses petites annonces remplies de services douteux? Ses qualités pour allumer un feu de foyer? Je l'ignore sincèrement.
Chose certaine, cette belle déclaration ne me rassure pas sur l'avenir de notre langue. N'allez pas croire que je sois soudainement atteint du "syndrôme du colonisé". Comme Michel Rivard l'a déjà chanté "Il faut, pour la défendre, la parler de son mieux", et n'est-ce pas le cas de n'importe quelle langue?
Comments
Les rues de Québec ont une nouvelle source de pollution : les journaux "MédiaMatinQuébec" qui vont être jetés partout sauf au recyclage.
Ceci dit, au moins y'a pas de pub dedans, et c'est gratuit. Mais ça vaut quand même pas la peine de lire les chroniques de chiens écrasés, même quand elles sont gratuites.
Posted by: Jason | April 24, 2007 05:47 PM
Salaire annuel moyen d'un journaliste au J de Q: 60 000 à 100 000$.
Pas étonnant que PKP, aussi tyranique soit-il, cherche à faire des économies.
Non non je ne suis pas contre les syndicats qui récompensent l'ancienneté au lieu des compétences. Quelle drôle d'idée avez-vous là?
Posted by: Phil | April 25, 2007 10:08 AM