La guerre a un prix
Dans ce contexte de possible prolongation de la mission des Canadiens en Afghanistan, je me pose des questions. Au-delà des milliards de dollars que notre gouvernement (sans parler du gouvernement étatsunien) engloutit dans la guerre en Afghanistan, il y a un prix bien plus important à payer : les vies humaines qui se perdent. Est-ce nécessaire?
Les Étatsuniens ont réussi à mettre le bordel partout où ils ont mis les pieds depuis des années... Irak, Iran, Koweit, Liban, Afghanistan, la liste n'en finit pas. Après avoir détruit des pays déjà passablement faibles et pauvres, c'est l'ironique opération de "reconstruction" (je ne m'embarquerai pas dans les innombrables conflits d'intérêts que cette opération peut engendrer). Bref, on met un pays à feu et à sang, et après on appel nos p'tits camarades pour qu'ils viennent aider à réparer les pots cassés. Toute une philosophie!
Ce qui, au départ, devait être une mission de reconstruction, s'avère ni plus ni moins que la poursuite d'une guerre que nous, nord-américains, ne comprenons probablement même pas. Et voici que des citoyens comme vous et moi tombent comme des mouches. Au rythme actuel, les soldats qui meurent au combat en Afghanistan ne feront plus les manchettes bientôt. Soulignons au passage que notre très progressiste et très résistant à l'influence de l'administration de George W. Bush premier ministre Harper a tout tenté pour interdire aux médias de montrer des images des soldats qui rentrent au pays les pieds devant.
Au-delà des statistiques, il y a les gens. Vous me direz qu'on devient militaire par choix, et j'en suis conscient. Ce que je pense qu'on ne choisit pas, c'est de se retrouver dans des situations catastrophiques comme ce qui semble régner en Afghanistan, confrontés à des fanatiques qui n'auront aucun regret à y laisser leur peau au besoin. Il y a quelques jours, c'est un jeune homme de 22 ans qui a perdu la vie, le plus jeune Canadien à "servir son pays" dans ce pays de roche et de poussière. Je vous inviterais à réfléchir ne serait-ce qu'un instant à comment vous vous sentiriez si c'était votre frère, votre neveu ou votre fils, et à penser à sa famille éplorée.
Je ne cacherai jamais mon aversion pour cet aspect du monde militaire, un point de vue que ne partage apparemment pas notre gouvernement, qui, je vous le rappelle, a dépensé 17 milliards de dollars en matériel militaire depuis son arrivée au pouvoir. La question plus fondamentale est la suivante : qu'est-ce que nos frères, nos amis, nos soeurs, nos parents font là-bas à se battre dans un conflit que nous ne serons jamais en mesure de comprendre? Après des grandes guerres qui ont tué des dizaines de millions de personnes, on penserait qu'on aurait évolué. Il semble que, tristement, l'histoire se répète.
Comments
Je comprends maintenant la douleur des familles et des conséquences de cette ''guerre''.
J'offre mon soutient à mon amie Cinthia, blonde du caporal Gonthier, avec qui elle était depuis plus de 6 ans. J'entends l'écho de sa voix qui me disait comment il était bon, sans malice, que c'était l'homme de sa vie. Et il sera probablement à jamais, celui qu'elle aura aimé.
Samedi prochain, je ferai partie de cette masse qui pleurera un autre soldat mort à la guerre. Maintenant, je comprends que cette mission touche tout le monde...
Saloperie!
Posted by: Djee | January 28, 2008 04:47 PM
J'endosse cet article à 100%!
J'ai des copines dont le conjoint est militaire et je sais ce qu'elles vivent également...
Posted by: Claude-Marie | January 29, 2008 06:35 PM
Bien d'accord. Il ne s'agit là pas d'une mission de maintient de la paix. Aller dans une contrée lointaine sous sa demande pour lui porter assistance est une chose. D’aller d’un un pays pour aider la reconstruction et assister au maintien de l’ordre en période d’instabilité est une chose. D’assurer la sécurité du pays est une chose.
Dans le cas de l’Afghanistan, la situation est différente. Il n’y a pas de paix à maintenir. Pas de reconstruction possible. La sécurité d’aucun Canadien est en jeu. Je dirais même qu’il n’y a pas d’ennemi à combattre.
D’envoyer notre armée dans un pays étranger combattre (et non maintenir la paix) dans un conflit qui ne nous concerne aucunement, c’est de jouer le jeu dangereux. Peut-être que l’Afghanistan a réellement besoin de l’aide des Forces Canadiennes, mais le pays n’est visiblement pas prêt à recevoir cet aide — surtout pas dans le sud du pays.
Posted by: Kretsch | February 8, 2008 12:20 AM