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April 24, 2009

Pour moi, le bonheur, c'est le sport

C'est du moins ce qu'écrivait Clémence Desrochers, avant d'ajouter "avec une bière, dans mon salon : voir le sport à la télévision".

À la suite de la publication de mon dernier statut Facebook sur le fait que l'élimination du Canadien de Montréal nous permettrait ENFIN d'avoir la paix en matière de hockey jusqu'à l'automne prochain, j'ai reçu un nombre INCALCULABLE (11 en tout...) de commentaire et autres marques d'appui ou de désaccord. De toute évidence, voilà un sujet qui soulève tantôt les passions, tantôt l'ire.

Réglons tout de suite le cas des généralisations grotesques : je ne suis pas contre le sport, loin s'en faut. J'en ai cependant contre le temps d'antenne, le nombre de pages de journal et la salive qui se gaspille à essayer d'analyser les décisions d'un ou le quotient de l'autre. Et pour cause...

Depuis plusieurs semaines déjà, on nous rabat les oreilles à coeur de jour au sujet du renvoi de Guy Carbonneau et sur le sort de ce pauvre groupuscule de millionnaires qui se "pognent le beigne" cinq mois par année (aussi appelé "Canadien de Montréal"). Il ne se trouve pas une émission de radio, un bulletin de nouvelles où l'on ne fait pas au moins mention de cette si triste histoire, à faire pleurer à chaudes larmes les milliers de personnes qui ont perdu leur emploi le mois dernier. Et de belles déclarations à l'emporte-pièce, on nous en sert ad nauseam! Tel joueur manque donc de charisme (j'inviterais d'ailleurs ceux qui utilisent ce terme à prendre connaissance de son sens dans un dictionnaire. Pas certain que ça ait quoi que ce soit à voir avec le fait de tenir un bâton de hockey...), que tel "coach" est donc pas fin, que tel joueur est trop payé pour ce qu'il fait (enfin, une vérité...), etc.

Qu'il se trouve du monde pour payer un billet à 200 $ ou 300 $ pour aller voir de riches gaillards se faire la bagarre pour un "boutte" de caoutchouc noir sur une patinoire blanche, je le respecte entièrement. Ce que j'ai de plus en plus de misère à digérer, c'est l'importance qu'un simple sport occupe sur la place publique. Pendant ce temps, des dizaines d'entreprises forestières ferment leurs portes et scellent pratiquement le sort de la municipalité où elles se trouvent, des dizaines de milliers de travailleurs de l'automobile sont sur la corde raide à cause de fabricants qui ont joué à l'autruche pendant des décennies, le président Obama parvient à recoller les pots cassés que Bush aura laissés dans ses huit ans de sillage. Je mélange tout, me direz-vous. Peut-être bien, mais il faut être "mélangé" dans ses priorités pas à peu près pour que le Canadien fasse la couverture de tous les journaux québécois deux fois par semaine...

Dommage que le Canadien ne remporte pas la coupe Stanley, cette année. L'émeute qui aurait sans doute eu lieu à Montréal nous aurait peut-être fourni un autre sujet de conversation.